Le vin, bien plus qu'une simple boisson, est le reflet d'un patrimoine culturel et historique inestimable.
Apprenons à déguster régulièrement l'univers fascinant du vin, où chaque bouteille raconte une histoire riche et complexe à partager.
En toute simplicité, plongeons dans les péripéties fascinantes des personnages hauts en couleur du monde viticole, découvrons les moments clés qui ont façonné l'histoire du vin et les créations des appellations.
Amateurs, passionnés, novices ou curieux, découvrez le vin autrement, sans chichi et avec bonne humeur.
Alors, prenez un verre, installez-vous confortablement et laissez-vous guider dans ce troisième voyage au cœur des vignes et des histoires humaines qui font du vin une passion universelle.
Décret du 15 mai 1936 (une des premières AOC de France)L'AOP Tavel est la seule appellation rhodanienne à ne faire que du vin rosé.
Son histoire remonte à l'époque romaine, lorsque les Romains ont planté les premières vignes dans la vallée du Rhône. Cependant, comme pour pas mal de vignobles, c'est au Moyen Âge que ce vignoble a gagné en notoriété.
Au début du XIVᵉ siècle, le roi Philippe le Bel, lors d'un voyage vers les États pontificaux d'Avignon, traversa Tavel et fut séduit par le vin local, en faisant sa boisson favorite. Ce vin était également apprécié par les papes d'Avignon, qui l'invitaient volontiers à leur table, renforçant ainsi sa réputation de "roi des rosés".
Le Tavel est reconnaissable à sa bouteille longiligne, gravée d'un T en écusson couronné.
On lui doit sa couleur intense par une courte macération de sa peau avec son jus (rosé de macération), offrant au vin de la puissance et de la structure.
Sa robe, souvent grenat ou saumonée, précède un nez expressif de fruits rouges, d'épices et de fleurs. En bouche, l'équilibre entre fraîcheur et rondeur s'accompagne de notes de fraise, de cerise, voire d'une touche de garrigue.
1603-1665Passionné par les sciences, l’alchimie et les techniques de fabrication, Sir Kenelm Digby joue un rôle clé dans l’évolution de la verrerie au XVIIe siècle. En 1635, il met au point un procédé permettant de produire des bouteilles en verre bien plus solides et durables que celles utilisées jusqu’alors. Il obtint en 1662 une reconnaissance officielle de son procédé sous forme de brevet en Angleterre.
Avant son innovation, les bouteilles en verre existaient déjà, mais elles étaient fragiles et rarement employées pour conserver les liquides. Le vin, par exemple, était transporté en barriques, ce qui le laissait exposé à l’oxydation et altérait son goût. Il ne cherchait pas spécialement à révolutionner le stockage du vin, mais en expérimentant de nouvelles méthodes dans sa verrerie, il découvre que son verre, plus épais et résistant, est parfaitement adapté à cet usage.
L’un des éléments majeurs de son innovation réside dans l’utilisation du charbon comme combustible pour chauffer les fours. Contrairement au bois, plus couramment utilisé à l’époque, le charbon permet d’atteindre des températures plus élevées et stables, ce qui renforce considérablement la solidité du verre.
Si les bouteilles de Digby sont déjà une avancée majeure, leur efficacité est renforcée par la généralisation du bouchon en liège. Bien que ce dernier soit déjà utilisé en pharmacie, il devient progressivement la norme pour le vin, assurant une fermeture étanche et facilitant le vieillissement.
"Si le vin d’Arbois était plus connu, les vins de Champagne seraient moins bus." Henri IV
Le nom de l’appellation peut être suivi de la dénomination géographique complémentaire « Pupillin » et/ou complété par les mentions :
L'origine de son nom est née du celte "ar" et "bos" signifiant "terre fertile".
Dès le XIIᵉ siècle, Arbois figure parmi les vignobles les plus prestigieux, aux côtés de la Bourgogne, du Bordelais et de l’Anjou. Son attrait ne cesse de croître et ses vins gagnent rapidement en notoriété et trouvent leur place sur les tables royales. C’est notamment Philippe le Bel qui les introduit à la cour, contribuant à asseoir leur renommée.
Alors, ce petit verre aux arômes historiques, bien ou bien ?
Ça faisait longtemps…
Sandrine Chanéac
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